Lau

Lau

3.


♫    Moi j'voudrais leur dire qu'elles sont belles, et qu'il faut pas qu'elles pleurent pour un idiot.   ♫

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   Bonsoir les p'tits loups.

   Aujourd'hui, enfin depuis quelques jours, je suis révoltée et écœurée par la société actuelle et sa mode.

   Je ne suis pas une adepte des magasins taille mannequin, d'ailleurs je ne l'ai jamais été. Ma dernière taille avant l'opération avoisinait le 54. Bien évidemment mes magasins de prédilection se comptaient sur les doigts d'une seule main : Kiabi, Gémo, C&A, la Halle. Ce dernier étant le déclencheur d'une honte pour cette société de consommation décalé de la réalité, car excusez-moi, mais je doute que toutes les femmes en France fassent du 36 !
   Jeudi dernier, me voilà parti avec le besoin de me faire plaisir, le besoin de penser à moi, juste à moi. Je fais mon petit tour et me voilà partie pour la Halle. Je n'y trouve pas toujours mon bonheur mais je m'y lance quand même. A mon plus grand étonnement, je remarque qu'il n'y a plus ce rayon (dénigrant au passage) : "GRANDE TAILLE". Je tourne dans le magasin, et je vois à peine une taille 46 dans les sous vêtements. Je questionne une vendeuse qui me regarde d'un air méprisant... "Ola non ! On ne fait plus ce genre de choses hein !". Et je suis partie, mais j'avais envie de rebrousser chemin et de dire à la vendeuse taille 36 d'aller se faire foutre, que si, elle, elle n'avait aucun problème avec son poids, j'étais, moi, passé du 54 au 48 en l'espace de quelques mois et que son regard blessant et humiliant me donnait juste envie de lui cracher mon courage en pleine face. Mais je n'ai rien fais de tel, j'ai posé mon cul dans ma voiture, la fierté au fond des ballerines et j'ai essuyé quelques larmes en me disant qu'un jour tout ceci ne serait; bientôt, qu'un horrible cauchemar. Et pourtant, me souvenir chaque jour m'empêcherait de tomber dans l'engrenage infernal de ces kilos.
   Je suis triste de ne savoir réagir, de ne savoir répondre à tous ces gens en leur parlant de mon histoire qui est aussi celles de beaucoup de personnes ayant subi une opération pour maigrir. Je suis triste aussi quand on me demande si j'ai subi cette opération pour moi, car je répond que oui, mais j'aimerais leurs dire à tous ces gens que c'est aussi pour eux et leurs regards. Car oui.. Ces regards ont changé celui que je me portais, et ont fais disparaître toute la confiance que je pouvais avoir en moi-même. Et ça, c'est le plus difficile à retrouver malgré les kilos envolés.

   Des bisous les p'tits loups.

Lau.

PHOTO : Moi-même par Moi.
MUSIQUE : Damien Saez - Regarder les filles pleurer.

2.

   Bonjour les p'tits loups.

   Il y a déjà huit mois que tout s'est décidé. J'y avais pensé, et en même temps je n'étais pas prête à franchir le cap. Et puis un jour, on se regarde dans la glace et on se dit qu'il serait peut être temps d'affronter les démons et de les laisser s'envoler avant que tout ne sois trop tard. Je me suis fais opéré le 12 décembre 2013 et j'ai pris la décision d'en parler. J'avais commencé en rentrant de la clinique, et des évènements ont fait que j'ai préféré supprimer le tout. Et puis j'ai recommencé en début d'année avant de supprimer à nouveau par manque de temps et de recul sur certaines personnes. Mais pourquoi se priver d'une envie ? Pourquoi laisser le côté néfaste des gens prendre le dessus sur nos décisions ? Alors je suis revenue..

   Je parlais de l'opération, mais c'est vaste quand on ne parle pas du type de l'opération, du chemin parcouru pour en arrivé là. C'était un choix à prendre, une décision réfléchie. J'ai pris le temps d'analysé pendant cinq ans si j'en avais l'envie, le courage et la patience. Savoir si je serais assez forte moralement, et aussi physiquement. Et voilà.. J'ai sauté le pas.

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AGENDA D'UN COMBAT

6 SEPTEMBRE 2013 : Premier rendez-vous avec le chirurgien.
11 SEPTEMBRE 2013 : Prise de sang.
13 SEPTEMBRE 2013 : Echographie & Fibroscopie.
27 SEPTEMBRE 2013 : Cardiologue.
4 OCTOBRE 2013 : Pneumologue, Psychologue & Nutritionniste.
11 OCTOBRE 2013 : Radio des poumons.
15 OCTOBRE 2013 : Endocrinologue.
16 OCTOBRE 2013 : Anesthésiste.
2 NOVEMBRE 2013 : Appareillage pour l'apnée du sommeil.
4 NOVEMBRE 2013 : Pneumologue.
8 NOVEMBRE 2013 : Chirurgien & Envoi du dossier à la sécurité sociale.
28 NOVEMBRE 2013 : Accord de la Sécurité sociale.
11 DÉCEMBRE 2013 : Entrée à la clinique.
12 DÉCEMBRE 2013 : Opération = Anneau Gastrique.
13 DÉCEMBRE 2013 : Radio de l'estomac & Opération d'urgence.
14 DÉCEMBRE 2013 : Radio de l'estomac & Sortie de la clinique.
14 JANVIER 2014 : Visite chez le chirurgien.
24 JANVIER 2014 : Nutritionniste.
14 FEVRIER 2014 : Serrage de l'anneau.
28 FEVRIER 2014 : Nutritionniste.


   Je suis rentrée à la clinique le 11 décembre, après avoir enchaînée les jours de stress. L'appréhension de l'opération, et en même temps la hâte. N'attendre que ça, vivre dans le futur au lieu de vivre dans le présent. J'étais un peu devenue égoïste, et je crois que j'en avais aussi besoin. Donc me voilà fraîchement débarquée là bas vers 16h en compagnie de ma maman. J'ai vu défilé bon nombre d'infirmière et de spécialiste venant m'annoncer qu'ils étaient là pour la nuit, mais que le lendemain ce ne serait pas eux.. Humm.. Sympa.. Mais qui sera là demain ? En attendant je me sens sereine, et je suis sur que j'ai fais le bon choix. Quand ma maman est repartie vers 18h, j'ai eu mon repas du soir : un potage visqueux et dégueulasse... Et aussi un verre d'eau. Je devais rester à jeun.


   La nuit a été longue, je n'ai pas fermé l'oeil. J'ai enchaîné les épisodes de Drop Dead Diva, le jour s'est levé.. Je savais qu'à 11h je me faisais opéré. Vers 8h l'infirmière est venu me dire de me doucher à la bétadine pour la deuxième fois (une première la veille, où j'ai enlevé mes 17 piercings [la langue attendant la dernière minute].).. J'ai pris les médicaments qu'on me donnait et j'ai attendu. L'heure est arrivé, les brancardiers étaient véritablement sympathique. Ils m'ont détendu avant de descendre, et me voilà rentré au bloc.. Après c'est le trou noir jusqu'à la salle de réveil.. Je me rappelle m'être étouffer en tentant de prononcer : "Il faut appeler ma maman".. Oui j'avais le masque à oxygène. J'ai mal, mais je pense que c'est normal. C'est post opératoire. Je suis retournée dans ma chambre vers 15h30, ma mère était en chemin sans avoir été prévenue.. J'étais contente de la voir après ces 24h sans voir un visage familier. Mais les douleurs sont là.. J'ai droit au paracétamol et en cas de grand besoin à la morphine.. L'infirmière est étonné quand en pleine nuit je lui en demande.. J'arrive tout de même a m'endormir 2h ou 3h.


   Au réveil, je suis plutôt fraîche. L'infirmière m'annonce que j'irais passé la radio vers 10h30 et qu'on saura grâce à elle si je peux sortir le jour même. Mais bam.. Au moment de la radio le verdict tombe... L'anneau est mal placé. On ne sait pas s'il a bougé ou si il était mal placé de base.. Le chirurgien trouvait également bizarre mes douleurs. Je vomis le produit ingéré pour la radio en retournant dans ma chambre tandis que le chirurgien s'active pour me trouver une place d'urgence au bloc opératoire.. Je serais opérée pour la deuxième fois à 14h. Je suis anéantie, et Kelly passe me voir en catastrophe pour me tenir compagnie jusqu'à ce que les brancardiers viennent me chercher. Au porte du bloc je revois le chirurgien, il me rassure.. C'est très rare, je suis seulement son deuxième cas sur 600, et surtout je ne suis en rien responsable. C'est de nouveau le trou noir, le réveil est difficile.. J'ai ouvert les yeux vers 16h, pour les rouvrir de nouveau vers 17h30.. Je lutte pour rester éveiller pour retourner enfin dans ma chambre... J'ai besoin de ma tranquillité, de mon cocon peu familier. Mais surtout j'ai besoin de les appeler, tous, de les rassurer. Les douleurs sont différentes.. Je pense à ce moment là, que je suis sur la bonne voie. Et je crois que cette nuit là a été la plus longue passé à la clinique..
   C'est l'infirmière qui m'a réveillé le samedi pour le contrôle habituel de ma tension et de ma température. Elle attend confirmation de l'heure pour la radio, mais elle pense que c'est nettement plus rassurant que la veille. En effet, vers 9h30 me voilà parti pour la radio. Je croise mon chirurgien qui me prend dans ses bras, il est confiant. C'est rassurant, et son sourire me met de bonne humeur.. La radio m'annonce que je sors définitivement aujourd'hui. Je suis tellement contente que je force un peu plus que je ne le devrais pour réunir mes affaires.. Après avoir signer tout les papiers de sortie je retrouve mon papa.. C'est tellement bon de rentrer enfin à la maison.



   J'ai passé les étapes nutritionnelles : Liquides, semi-liquides, mixer, normal. Et je suis repassée au liquide après le serrage de l'anneau pendant quelques jours. J'en suis maintenant à manger normalement. J'ai pris de nouvelles habitudes, comme prendre mon temps pour manger mon assiette, mâcher plutôt que d'avaler. Et de voir aussi que je commence à nager dans certains vêtements.. C'est bon pour le moral.. Tellement bon ! Je pesais 123kg le 11 décembre... Je vous ferais le point dans un prochain article, mais tenue à jour une fois par mois. Ca m'évitera l'appel de la balance... Grrr ! Quelle mauvaise habitude !
   Voilà pour aujourd'hui.. Un long post juste pour vous racontez un peu de mon histoire, ce combat juste pour plaire, pour me plaire. Et aussi pour une santé de vie meilleure (qui est, cela dit en passant.. après tous les examens passés : Très bonne !).
   Bonne nuit les petits.. ♥

Lau.

PHOTO : Gnocchi & Moi, mon repas, moi-même, mon ventre par moi.
MUSIQUE : A skylit drive - Love the way you lie

1.








♫   Tallulah, it's easier to live alone,
than fear the time it's over.
Oh ! Tallulah...
Find the words and talk to me.
Oh ! Tallulah,
this could be... Heaven.   ♫









LAURIE-ANNE . 23 ANS . HÔTESSE DE CAISSE


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   Bonsoir les p'tits loups !

   Premier article de ce blog et souvent le plus difficile à commencer. On ne sait jamais trop comment accrocher un possible lecteur, ni même si il faudrait toucher avec du rire ou des larmes. Et en même temps, quand on en vient à écrire sur la toile je crois que c'est avant tout pour soit, avec l'espoir (bien sûr) d'être lue et de pouvoir partager un instant, un moment cher à notre coeur, notre vie.
   Je suis venue de nombreuses fois pour étaler un peu ma vie, pour confier des maux et des mots. Mais chaque fois le bouton "Supprim" devenait mon meilleur allié. J'étais une éternelle insatisfaite, un peu perfectionniste.. J'aimais ce que j'écrivais, la façon dont je l'écrivais, et puis ça ne me plaisait plus. Encore avec ce blog, commencé au premier de l'année, et que j'ai abandonné, à la fois par manque de temps, mais aussi un peu dépasser par les événements et le changement.
   Finalement, je suis contente de revenir par ici, raconter un peu de ces choses qui comblent ma vie, et celles qui en manquent. De partager avec vous ce combat que je mène contre des années de souffrances et de moqueries, qui ont tout de même fait de moi la femme que je suis. Et je crois que je ne peux être que fière de celle que je suis devenue, de celle que je suis en train de devenir.

   A très vite les p'tits loups.

Lau.

PHOTO : Moi-même par moi.
MUSIQUE : Sonata Arctica - Tallulah.